Progrès en immunothérapie pour le cancer du poumon

De nouveaux traitements deviennent accessibles pour l’un des cancers les plus courants et les plus mortels, le cancer du poumon. En 2016, plus de 28 000 Canadiens ont appris qu’ils étaient atteints d’un cancer du poumon et, les chances de survie après 5 ans n’étant que de 17 %, il y a eu 21 000 décès dus à ce type de cancer.

En octobre 2016, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé le premier médicament inhibiteur du point de contrôle pour le traitement de première intention du cancer du poumon, ce qui est une grande victoire pour l’immunothérapie.

Un traitement (médicament ou thérapie) est dit « de première intention » s’il peut être utilisé dès qu’un cancer est diagnostiqué. Un tel traitement est bien documenté et a fait ses preuves. Les traitements de deuxième intention, qui sont plus récents et moins bien connus, ne peuvent être utilisés que si le traitement de première intention échoue.

Compte tenu de leur nature expérimentale, de nombreux médicaments évalués dans le cadre d’essais cliniques sont des traitements de deuxième intention.

Le médicament qui été approuvé comme traitement de première intention est le pembrolizumab. plus communément appelé Keytruda. Il a été approuvé pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) métastatique exprimant de fortes quantités d’un marqueur de surface appelé PD-L1. L’autorisation d’utiliser Keytruda comme traitement de deuxième intention pour le CPNPC a aussi été modifiée, et comprend tous les patients atteints de tumeurs exprimant le marqueur PD-L1.

Le PD-1 est un marqueur présent sur la surface des cellules immunitaires, qui peut se lier avec son marqueur correspondant PD-L1 sur la surface des cellules cancéreuses et désactiver une réponse immunitaire. Keytruda est un inhibiteur du PD-1, de sorte qu’il agit en bloquant le marqueur PD-1 sur les cellules immunitaires; ce faisant, il empêche le PD-1 d’interagir avec le PD-L1 sur les cellules cancéreuses et permet au système immunitaire de reconnaître et d’attaquer les cellules cancéreuses.

Les résultats d’essais cliniques ont démontré que Keytruda entraîne des améliorations considérables chez les patients atteints d’un CPNPC. L’approbation reposait sur les résultats de deux essais cliniques clés où des bienfaits importants ont été observés. Les patients traités par Keytruda ont vécu plus longtemps, sans propagation ni aggravation de leur maladie, que les patients traités par chimiothérapie, la norme thérapeutique traditionnelle.

En décembre 2016, le Japon a également approuvé Keytruda comme traitement de première et de deuxième intention chez les patients atteints d’un CPNPC métastatique exprimant le marqueur PD-L1.

Au Canada, Keytruda a été approuvé seulement comme traitement de deuxième intention pour le CPNPC en mars 2016. Son emploi est autorisé dans le cas d’un CPNPC métastatique avec tumeur porteuse du marqueur PD-L1 qui a évolué après la chimiothérapie ou d’autres traitements. Avant d’accorder d’autres autorisations, Santé Canada attend des résultats d’essais cliniques additionnels.

À la fin de l’année dernière, des chercheurs ont annoncé d’autres excellentes nouvelles pour le traitement du CPNPC par un inhibiteur du point de contrôle. Au cours d’un essai clinique de phase 3, des patients atteints d’un CPNPC avancé qui ont reçu l’atezolizumab (Tecentriq), un nouvel inhibiteur du point de contrôle ciblant le PD-L1, ont survécu quatre mois de plus et ont eu moins d’effets secondaires que les patients traités par chimiothérapie.

Tecentriq, comme Keytruda, agit sur la voie PD-1 et PD-L1. Toutefois, il bloque le PD-L1 sur la surface des cellules cancéreuses elles-mêmes plutôt que le PD-1 sur les cellules immunitaires. Les patients de cet essai clinique, le premier de phase 3 sur un médicament inhibiteur du PD-L1, ont eu une survie plus longue que les patients des essais sur les inhibiteurs du PD-1.

L’immunothérapie par des inhibiteurs du point de contrôle qui ciblent la voie PD-1 et PD-L1 a été une percée thérapeutique majeure. Le traitement par ces médicaments peut prolonger la survie chez les patients atteints d’un CPNPC qui n’ont pas répondu aux traitements traditionnels.

Pour que ce traitement prometteur obtienne d’autres autorisations comme choix de première intention, plusieurs de ses aspects doivent encore être évalués plus à fond. Par exemple, les chercheurs doivent établir le meilleur calendrier d’administration de ces inhibiteurs du point de contrôle et la durée du traitement, un facteur important puisque ce type de thérapie coûte très cher. De plus, les chercheurs vérifient si des associations de différentes immunothérapies pourraient traiter plus efficacement le CPNPC et d’autres cancers.

Katherine Wright, Ph. D.

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